Botet Serge

Professeur, axe Sémantique, Pragmatique et Discours

Aspects philosophiques et linguistiques

Mon travail, de nature pluridisciplinaire, germanistique linguistique et philosophie, porte sur l’écriture philosophique comme support de « signifiances » (je reviens sur cette notion), l’objectif étant d’analyser l’articulation des « doctrines » dans des types spécifiques d’écritures qui, loin d’être accessoires, sont constitutifs de ces « doctrines ». Le cas de Heidegger et Nietzsche, auxquels j’ai consacré jusque-là une bonne partie de mes travaux, est un cas particulier, puisqu’ils utilisent sciemment la « forme » pour transmettre un message philosophique non conventionnel. En termes hjemlseviens, on dirait qu’ils exploitent la forme de l’expression pour tenter d’infléchir la forme du contenu et d’y ouvrir de nouvelles voies. Tout cela place bien évidemment la notion de « signifiance » à l’épicentre de ma démarche : les signifiances philosophiques - qui ne sont à proprement parler ni signification lexicale (le « sémiotique » de Benveniste), ni sens discursif (le « sémantique ») - s’investissent dans des phénomènes langagiers de tous ordres et de toutes dimensions (Eco, Hagège, Rastier) ; elles deviennent chez nos philosophes de référence le support privilégié du philosophème.

Aspects philosophico littéraires

Dans le sillage des études menées sur l’œuvre de Nietzsche, notamment sur la mise à contribution dans certains de ses ouvrages (comme Zarathoustra) d’une dimension « littéraire » qui est aussi conjointement porteuse de signifiance philosophiques (métaphoricité, narrativité, etc.), j’ai été amené à approfondir la question des rapports entre philosophie et littérature, focalisant ma recherche sur certains phénomènes situés à l’interface des deux domaines. La métaphore (à la fois littéraire et philosophique) en est un exemple (Petit traité de la métaphore). Dans la même logique, mon intérêt s’est porté plus récemment (non sans une certaine prise de risque) sur certains terrains où philosophie et littérature convergent, comme c’est le cas du premier romantisme allemand, par le biais du lien encore incomplètement élucidé qu’il entretient - à la différence des « autres » mouvements romantiques - avec les « Lumières » et notamment le kantisme. En témoignent des auteurs comme Novalis ou Friedrich Schlegel, sur lequel porte le tout dernier ouvrage (Le premier romantisme allemand).